Nostalgie
Pardon l’Algérie
Pardon l'Algérie

de Danièle Horta et Emilien Pastor

Pardon l'Algérie !

Pour avoir libéré les esclaves à Alger

Après que les soldats du Roi de France en aient chassé le Dey

Pour tous les marécages asséchés, transformés en vergers,

Pour les terres emblavées sur les sols empierrés.

Pour le nom d'Algérie que la France t'a donné.

Pour les chemins tracés et les rails posés

Afin que toutes les campagnes se rapprochent des cités.

Pardon pour les perles que furent Oran, Constantine et Alger

Que de jaloux pays nous ont tant enviées.

Pardon l'Algérie !

Pour avoir construit des écoles, des lycées, des facultés,

Afin que tes enfants puissent y être formés,

Pour ces barrages élevés, à des canaux reliés

Afin qu'à tous les robinets l'eau douce puisse couler.

Pour les dispensaires et les hôpitaux qui ont été créés

Afin que tes fils puissent y être soignés.

Pour le trachome éradiqué,

Pour les maladies infectieuses endiguées

Pardon l'Algérie !

Pour toutes les gorges d'innocents tranchées

Pour le massacre d'Oran perpétré un 5 juillet.

Pour tout ce que tu as pris qui ne t'était point donné.

Pour les accords d'Evian que tu as bafoués.

Pour tous les lauriers dont tu t'es parée.

Pour avoir fêté une victoire que tu n'as pas gagnée.

Pour tous mes frères Harkis que tu as suppliciés

Pour le seul tort d'avoir voulu rester Français.

Pardon l'Algérie !

Mais si un jour, toi peuple algérien manches retroussées,

A l'image de nos pères qui t'ont tout donné,

Tu te mets à rebâtir ces murs lézardés

Par ces vandales qui nous ont succédé

Alors, fier je serai d'avoir été ton frère,

Et si toi, l'Algérien, tronquant ton glaive pour l'aire,

Tu te mets à défricher comme l'avaient fait nos pères,

Et bravant les sauterelles, la sècheresse et la poussière

Recommences à semer sans regarder en arrière

Sans quêter des visas pour fuir la misère,

Alors je saurai que je suis pardonné,

Et pourquoi pas rêver dans un élan de paix

Qui t'amène à saisir le rameau d'olivier

A demander pardon à tes frères exilés,

Et reconnaître ensemble tous les bienfaits

Par notre France prodigués.



Poème paru dans l'Allo

M.Bouteflika se permet de donner des leçons à la France ! Le président de la République Algérienne, lors d'un discours officiel, invite la France à « reconnaître ses fautes durant la colonisation de l'Algérie de 1832 à 1962 »

Quand je pense que certains pieds-noirs prônent le rapprochement avec ce pays au nom des liens du sol qui nous unissent !

Moi qui suis née et ai vécu en Algérie de 1943 à 1962, je ne peux que vous faire lire une partie de ce petit poème sorti de nos réflexions en famille et qui mieux que des paroles vous dira notre sentiment !
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Posté par arab le 11/06/2007 à 12:47:37 (id:81790)
E CARICOT
E CARICOT
E CARICOT
Dans la grande descente des H.L.M ,depuis le bâtiment B3 jusqu'au bâtiment B5 ..le bruit métallique assourdissant engendré par le roulage des roulements à billes des "caricots" devait certainement déranger quelques familles habitant dans les bâtiments de proximité, pourtant personne ne semblait s'en plaindre. Poussés, au départ par un compère , les nombreuses descentes effectuées, engendraient en plus des cris, des dérapages pas toujours biens contrôlés. La circulation routière restait fluide à cette époque mais il arrivait parfois qu'un chauffeur, stoppe pour ne pas risquer de nous
écraser, n'oubliant pas de nous sermonner au passage par la phrase rituelle «vous méritez des calbottes démonios».
La fabrication de ces "caricots. s'effectuait sans grande maîtrise artisanale, et avec des matériaux de récupérations, aussi, il n'était pas rare de finir la descente, sur 2 roulements, voir sur les planches et parfois stoppé par les plantes grasses qui ornaient le terre plein.....
Ce jouet, pour tous ceux qui l'ont utilisé restera, un moment de bravoure enfantine. Les plaies et les bosses,
loin de nous décourager, étaient exhibées avec fierté. comme les vétérans de "l' indo"
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Posté par arab le 11/06/2007 à 12:42:59 (id:81789)
« CHINCHIRINBOLA… chichiriboule ??!! »
« CHINCHIRINBOLA…  chichiriboule ??!! »
« CHINCHIRINBOLA... chichiriboule ??!! »



« un jeu psychologique »



Tout le monde l'aura compris. « Burro flaco » était un jeu un peu rugueux réservé, en principe, aux garçons. Seules quelques filles plus hardies et solides que les autres demandaient parfois à y participer, ce qui ne posait, à l'époque, aucun problème.



Mais elle préféraient jouer, avec les garçons, à « Chinchirinbola », jeu psychologique et musical.



Pour jouer à Chinchirinbola, il suffit de pouvoir disposer d'un bout de rue peu fréquentée avec trottoirs. Le jeu se jouant de préférence en fin de journée, voire la nuit à l'heure où les adultes prenaient « le frais » , la circulation nous gênait rarement.



Désignez donc une mère : un garçon autoritaire mais sans trop, expressif et discret mais plein d'humour.

Cette mère ira s'asseoir sur le bord du trottoir les pieds posés sur la rue, genoux écartés. Devant lui un joueur se placera à genoux, dos à la rue, la tête et les bras dans le giron de la « mère ».

La « mère » s'assurera que le joueur ne voit rien et que ses fesses sont bien dégagées (mais vêtues, tout de même).



En face, tous les autres joueurs, garçons et filles, sont assis côte à côte au bord du trottoir, les pieds sur la rue, tournés vers la « mère » et le joueur.

La « mère » appelle alors l'un d'eux en lui donnant un surnom inédit :



Que venga, que venga... « la lagartija » (ou « Napoléon » ou « Poca mierda ») et adresse un signe discret à l'intéressé. Ce dernier s'avance à pas de loup vers les fesses tendues devant lui et leur porte un coup qui peut être :

- - un shoot de demi-volée à moyenne puissance,

- - un centre du plat du pied,

- - un coup de pied de pointe léger, ou appuyé,

- - une « frite » avec le dos des doigts secoués violemment en « tangentant » la fesse,

- - un pinçon, léger ou pointu.

Bref un coup – ou un contact – de son choix. Seuls sont interdits : la datte... et relever les jupes des filles, sous peine d'exclusion. Une fois son coup parti le joueur retourne à sa place. La mère libère l'agressé qui se retourne et se retrouve alors face à tout un rang, qui, roulant les avant-bras l'un sur l'autre comme on se roule les pouces, entonne le fameux :



« CHINCHIRINBOLA, QUESO DE BOLA (bis) »



L'agressé doit alors s'avancer et désigner son agresseur. S'il se trompe, il retourne recevoir un autre coup auprès de la « mère » aux cris de :



Queso poudrio !



S'il ne se trompe pas, l'agresseur démasqué ira le remplacer et tendre ses fesses à son tour. Où est la psychologie dans ce jeu idiot ? me direz-vous.



D'abord dans l'action du leader caché, le petit à lunettes, qui ne domine personne physiquement mais que chacun écoute. C'est lui qui va désigner la mère – personnage clé de ce jeu – à l'aide de « la pomme » : tous les joueurs se mettent en cercle et, lui, fait « la pomme » frappant chacun tour à tour à la poitrine. Vous savez : « Plouf, c'est-moi-qui-l'a-dit-que-c'est-toi-qui-sera-la-mère-au-bout-de-trois-un-deux-trois ». Comme « la pomme » comporte 20 coups, le « plouf » se faisant dans le vide au centre du groupe, notre malin saura, après un rapide coup d'œil, désigner le meilleur. D'où les disputes habituelles : « c'est pas du jeu, c'est toujours les mêmes qui font la mère ». – Alors intervient le leader visible, Toinou : « il a été honnête, c'est Pierrot qui fera la mère et pis c' est tout ! ».



C'est pas de la psychologie, çà ?



Et que dire du rôle de la mère qui doit désigner les plus facétieux en leur donnant un surnom comique et trompeur : le maigre sera parfois « bibendum », parfois « l'esquelette », qui peut tout aussi bien désigner une fille, ou un gros ! Quelle finesse !



L'agresseur, ensuite, une fois les rires calmés doit à son tour se montrer inspiré : déplacement comique, coup original, puis mine trompeuse. L'agressé, enfin, doit découvrir, parmi ces garçons et ces filles hilares qui chantent tous ensemble, le « chinchirinbola », celui ou celle qui l'a frappé.



Et savez-vous que 4 fois sur 5 il devinait qui l'avait frappé en réunissant le surnom choisi, le type de coup frappé, la mine faussement détachée ou fuyante du coupable.



Alors ! c'est pas de la psychologie, çà !
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Posté par arab le 11/06/2007 à 12:41:47 (id:81788)
( LES CARTELETTES)
( LES CARTELETTES)
LES CART'LETTES.. ( LES CARTELETTES)



Comme son nom l'indique, il s'agissait de cartelettes, (petites cartes, ou images cartonnées représentant des figurines). Parfois des sportifs ou des stars..



Kopa, Di Stefano, Piantoni, Fontaine, Bobet, Darriguade, Jhonny Wesmuller, Marcel Cerdan, Garry Cooper etc.... parfois des paysages mais la cote au troc enfantin baissait.



Certains en détenaient une collection impressionnante.. Il existait aussi des cartelettes qui n'avaient pas la même valeur que celles qui étaient achetées. Elles provenaient du dessus de boites de mistos (allumettes) délicatement découpées. Elles étaient plus couramment utilisées car leur perte n'entraînait pas de grosses « rabia » (colères).

Le jeu :

Il fallait plier légèrement les cart'lettes leur donnant un aspect de toiture de maison et les poser à même le sol, formant ainsi un village de tente miniature...

Chaque joueur en posait le même nombre.

Celui qui commençait devait alors en pliant sa main et par un mouvement de va et viens

très rapide au dessus de la carte, créer un phénomène d'aspiration qui retournerai la cart'lette convoitée. Ceci sans la toucher

Quelques tricheurs savaient toucher l'image et la coller après la main. Ils leur étaient alors plus facile de la retourner. La vigilance était de mise, la méfiance et la mauvaise fois de l'un ou l'autre faisait dégénérer rapidement le jeu en une péléa (dispute) générale les cart'lettes retournées régulièrement étaient gagnées.



Texte et dessin de Yves Pastor
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Posté par arab le 11/06/2007 à 12:40:36 (id:81787)
1,2,3... soleil
1,2,3... soleil
1,2,3... soleil

La partie se jouait à plusieurs filles, parfois même des garçons se mêlaient au groupe pour participer.

Toutes les joueuses et joueurs se mettaient en ligne à une certaine distance d'un mur du bâtiment (généralement de l'autre côté du trottoir disions nous)

Une fille devait se tourner face au mur, les yeux cachés entre ses mains.

Elle se mettait alors à frapper le mur d'une main en prononçant les mots 1,2,3, soleil..

A ces mots les joueurs en ligne devaient se rapprocher le plus possible du mur et ceci sans être vus en mouvement par la joueuse contre le mur , car après avoir prononcés ces mots, elle se retournait subitement pour designer celles ou ceux qui avaient été pris en mouvement.

Ceux qui étaient pris étaient systématiquement éliminé du jeu. les autres joueurs figés dans une position de statue parfois inconfortable devaient attendre que la joueuse se retourne à nouveau contre le mur pour pouvoir bouger.(si la position était abandonnée avant ce moment il s'ensuivait une élimination....inutile de vous dire que la joueuse du mur attendait parfois assez longtemps pour faire bouger les statues fatiguées....)

Le jeu se terminait par l'élimination de tous les joueurs en mouvement , où lorsqu'un joueur en mouvement réussissait à atteindre le mur sans être vu....
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Posté par arab le 11/06/2007 à 12:39:20 (id:81786)
CACHARULO ET CARBURE
CACHARULO ET CARBURE
CACHARULO ET CARBURE

J'EXPLIQUE :

On prend un cacharulo ( boite de conserve) ouverte d'un coté et percé d'un petit trou, fait à l'aide d'un clou, de l'autre coté.

On creuse un trou dans la terre formant ainsi un petit réservoir.

On met un petit morceaux de carbure au fond du réservoir et on ajoute une petite quantité d'eau.

On pose le cacharulo au dessus du trou. Le gaz dégagé par ce mélange détonnant s'accumule à l'intérieur de la boite de conserve, seule une petite partie s'échappe par le petit orifice du dessus du cacharulo.

Il ne reste plus qu'a présenter une allumette enflammée au dessus du pot, devant le petit orifice ...Et BOUMMMMMMM Voilà que le cacharulo est mis sur orbite.

Mais, « perico el cielo » (danger venant du ciel)..... ATTENTION !!! vite, écarter la figure de la trajectoire .....Il est conseillé de doser avec modération le mélange détonnant..



Texte de Raymond FRANCOIS
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Posté par arab le 11/06/2007 à 12:38:20 (id:81785)
la marelle
la marelle
Tracer a la craie blanche de préférence une « marelle » sur le bitume de la route, ou sur le trottoir But du jeu : partir depuis la terre pour aller au ciel et revenir sur terre sans passer par l'enfer. On peut apporter certaines variantes au tracé de marelle en voici un exemple :

marelle3.jpg (488966 octets)

la joueuse lance, en faisant glisser, un cailloux de forme plate ou un bout de carreau (carrelage) jusqu'à la case N° 1 puis elle doit sauter sur un pied dans les autres cases jusqu'au ciel.

Au ciel elle pose les deux pieds et se retourne. Elle continue de sauter sur un pied au retour et ramasse le cailloux au passage

Si le caillou va dans ENFER on passe son tour.
On ne doit jamais marcher sur les traits ni poser les deux pieds sauf sur les doubles cases (3 et 4) et (6 et 7).
Une fois revenu sur "TERRE" on lance le caillou dans la case numéro 2 et ainsi de suite.

Certaines différences existes, au lieu de ramasser le caillou on doit le pousser du pied pour le ramener sur la terre.

Texte et dessin de Yves PASTOR
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Posté par arab le 11/06/2007 à 12:37:08 (id:81784)
LES JEUX DE BILLES
LES JEUX DE BILLES
LES JEUX DE BILLES

Je connaissais, pour ma part (comme on dit aujourd'hui à la télé) quatre sortes de billes :

- les « billes » normales, en terre cuite colorée,

- - les « pouces d'avant-guerre », en granit (je crois),

- - les « binagates », billes de verre « anoblies » par un bouquet de couleurs en leur centre,

- - les « biscaïens », sorte de grosses binagates

La plupart des jeux se pratiquaient avec des billes normales, parfois des binagates. Les «pouces d'avant-guerre» ou les biscaïens servaient rarement , sauf comme monnaie d'échange ( 1 contre 5 ou 10 suivant le « marché ») lorsque le sac de billes s'était vidé, non pas par maladresse au jeu, mais à cause d'un « mal de ojo » insistant. Il existait une foultitude de jeux de billes. Je laisserai de côté les jeux des tout-petits dans le sable, dans la canale (qui se joue aussi avec des pignols) ou dans la rigole pour ne parler que des 3 jeux d'adresse que pratiquaient les plus grands (12-15 ans) à savoir le « Triangle », le « Trou » et la « Jolata ».

Le jeu du triangle :

Sur un terrain de terre battue style pétanque nous tracions un triangle équilatéral de 2 palmes (avec la main) de côté. A 5 mètres de là, une ligne de départ. Le joueur se plaçait sur la ligne et lançait sa bille à proximité du triangle dans lequel chaque joueur avait mis 2, 3 ou 5 billes et qui contenait donc « la banque », nombre variable de 4 (2 billes pour 2 joueurs) à 15 billes par exemples (5 billes pour 3 joueurs). Lorsque les 3 joueurs avaient placé leur bille auprès du triangle, le premier reprenait sa bille et d'un geste du pouce (comme pour lancer une pièce en l'air) le poignet posé au sol, essayait de frapper avec sa bille celles qui se trouvaient dans la banque. Toute bille sortie des limites du triangle était gagnée, toute bille restée dans le triangle y demeurait. La partie se terminait lorsque le triangle était vide, et ... reprenait.



Le trou :

Ce jeu partait du même principe que le précédent mais, à la place du triangle, il fallait creuser un trou profond... mais pas trop, évasé... mais sans plus, afin de permettre au joueur de lancer sa bille d'un coup de pouce pour faire sauter hors du trou celles qui s'y trouvaient. Lorsque le joueur était tout près du trou, il était autorisé à poser son poing gauche verticalement sur le sol, le poing droit venant se placer dessus donnant ainsi un meilleur angle pour tirer dans le trou. Ces parties de Triangle et de Trou ne donnaient pas lieu à de grandes « peleas ». Il y fallait de la concentration, de la finesse (s'approcher du Triangle ou du Trou sans y rentrer), de l'adresse et un très bon « fouetté » du pouce. Il n'en allait pas de même dans le jeu de la « jolata » qui demandait cependant un grande adresse.



La « Jolata » :

était constituée par un couvercle de boîte de conserves, type petits pois. Un cercle de 2 palmes de diamètre était tracé sur la terre battue, la jolata était placée au centre du cercle. A 6 pas, la ligne de lancer. Le premier joueur lançait sa bille et essayait de se placer assez près ... mais pas trop, du cercle (1 mètre environ). Le deuxième joueur avait 2 options :



- - se placer assez loin du premier qui alors tirerait.

- - Essayer de toucher la jolata, ce qui lui donnerait la priorité pour tirer.

Le tir :

Lorsque c'était son tour de tirer (soit par tour normal soit parce qu'il avait touché la jolata) le tireur, comme à la pétanque, devait faire un carreau sur la bille du tiré. Il fallait donc toucher à 3 ou 4 mètres, une bille de 1 cm de diamètre avec une bille toute aussi petite. Les bons tireurs faisaient mouche 8 fois sur 10. Le tiré plaçait son pied sur la tranche verticalement à 30 cm derrière sa bille pour éviter que les billes ne partent dans la nature.

Lorsque la distance tireur-tiré excédait les 4 mètres le tireur pouvait s'en rapprocher en tirant d'abord sur la Jolata pour envoyer sa bille près de celle du tiré. A moins de 50 cm on tirait avec le pouce. Les motifs de disputes étaient là plus fréquents :



- - t'y as pas touché la Jolata,

- - menteur, j'ai entendu le bruit,

- - le bruit, qu'é bruit...

- - j'te jure sur la tête de ma mère...

- - ta mère ! ta mère ! bon, çà va, rocomance !



ou alors :

- pourquoi t'ias levé le pied que main'nant ma bille elle s'est perdue,

- pos, pour le placer mieux,

- menteur, embustero, toujours tu fais ça,

- main non, c'est toi que t'ié trop pressé,

- je vais te faire ‘oir,

- qu'est-ce t'ia, t'ia beaucoup, t'ia beaucoup ?

- Alors c'est fini vos tonterias, la voilà ta bille... allez on continue.



Mais le pire était le « bonne qui dégouline » ou « mauvaise qui dégouline » lorsqu'une bille en bout de course, du fait du terrain, se mettait à reculer (à dégouliner) cela pouvait s'avérer avantageux ou néfaste pour l'un des joueurs ou pour l'autre. Si le premier criait : « bonne qui dégouline », on laissait rouler la bille. Si c'était :« mauvaise qui dégouline », on bloquait la bille avec son pied. Je vous laisse deviner « lo que se armaba » lorsque les deux joueurs avaient crié en même temps ; «Bonne... Mauvaise... qui dégouline» :



- tricheur, tramposo, bourriquot,

- poca vergûensa, calamar, pulpo, esquelette,

- sipote, tonto la vela, manchot,

- cuatro ojos, tuerto, bisouche,

- ah, ça ! ah, ça ! T'ia pas droit...
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Posté par arab le 11/06/2007 à 12:35:45 (id:81783)
LES JAMARICAS
 LES JAMARICAS
LES JAMARICAS

Les Jamaricas étaient aux garçons ce que les osselets étaient aux filles – en gros -.



Mais qu'étaient les Jamaricas ? (prononcer avec la jota espagnole) ?

Prenez un carrelage genre tomette, cassez-le, choisissez un morceau de 4 cm environ de façon à en faire un disque. Pour cela, brisez d'abord ses côtés avec une petite pierre, puis frottez le sur le granit des bordures de trottoir.

Lorsque vous aurez réussi à obtenir un disque parfait, bien poli, de 3cm de diamètre et 3 mm d'épaisseur, vous aurez votre première jamarica ; agissez de même pour les 4 ou 5 suivantes de manière à disposer d'un jeu de 5 ou 6 jamaricas de taille croissante s'échelonnant de 3 à 6 cm.

Les jamaricas se jouent d'une seule main.

Le jeu consiste à lancer la plus petite en l'air, à exécuter une série de combinaisons, à l'aveugle, avec les autres au sol pendant qu'elle « vole » puis à la rattraper ; ce qui s'avère difficile lorsque la main (d'un gamin de 12 à 15 ans) est déjà pleine de 4 ou 5 autres jamaricas.



L'astuce consiste à bloquer ces dernières avec l'auriculaire, l'annuaire, le majeur reliés sur la paume de la main, tout en gardant le pouce et l'index bien dégagés pour rattraper la jamarica « volante ».

Cela se complique du fait qu'il a fallu récupérer les premières au sol après quelques figures.



Voici quelques une de ces figures en commençant par lancer la « Petite » :

- - lancez-la, main pleine, posez les 4 autres au sol, récupérez la petite dans la main vide,

- - lancez, récupérez les autres une par une en les gardant toutes dans votre petite menotte, chaque fois relancez la petites puis rattrapez-la ,

- - lancez, récupérez les autres 2 par 2, rattrapez chaque fois la petite ,

- - lancez, disposez les autres en ligne par ordre de taille décroissant, rattrapez.

- - lancez, formez une pyramide à partir de la figure précédente, rattrapez ...

- - lancez, récupérez la pyramide entière, rattrapez la petite, main pleine ,

- - lancez, reformez la pyramide, (dans la pyramide, l'adversaire «marque » la jamarica de son choix avec un peu de « crache » du bout de son doigt – en général l'avant dernière -)

- - lancez, récupérez la jamarica marquée en la dégageant délicatement et en laissant les autres groupées car il faudra les récupérer toutes en une seule fois au prochain coup.

Bien entendu, chaque fois que se produit un raté, la main passe.

Ce jeu très technique qui demandait peu d'espace, beaucoup de calme et de concentration ne suscitait que rarement les chikayas à répétitions qui caractérisaient les autres jeux nécessitant un arbitrage.



Ici, pas moyen de faire de « trampas ».

Seules quelques remarques aigrelettes fusaient lorsqu'un des « grands » réussissait sa série sans faute :

« Normal, avec les mains de gorille que t'ia, tu rattraperais même des poêles à paëlla »...

« Et t'ia vu, la petite, il l'a rattrapée avec les ongles ... que bordé ! ...

« Vous êtes des jaloux, ‘oilà çà que vous êtes, c'est pas ma faute si vous avez des mains de monigote, ou alors, allez jouer aux osselets » - Ooh ! insulte suprême !

Les deux « petits » bondissaient sur le « grand » et se jouait alors une mêlée de rugby, véritable joie virile qui consistait à se donner de bons ramponneaux ou à se faire des prises de « j'te ji d'sus » sans trop se faire mal ... C'est que, la technique, chez nous, çà allait un moment, mais on aimait tellement mieux la bagarre et le jaleo.



Même les parties de bataille ou de brisca avec ces jolies cartes de oro – espada – bastos et copa se terminaient le plus souvent en empoignade générale ... mais ce sont là d'autres jeux que nous garderons pour une prochaine fois.
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Posté par arab le 11/06/2007 à 12:34:39 (id:81782)
CAPITOULE !
CAPITOULE !
Nous pratiquions aussi à Delmonte un jeu dont je n'ai jamais bien compris les subtilités, mais qui a fait de ses pratiquants d'excellents coureurs de 400 et de 800 mètres.



Il s'agit de Capitoule ! Et d'abord d'où nous venait ce mot étrange ? Rien à voir, je pense avec des fleurs réunies en capitule, ni avec ces petits textes tirés de l'Ecriture Sainte que l'on récitait toutes les heures , non plus qu'avec les ordonnances capitulaires des anciens rois dits fainéants ou avec un soldat suisse au service de la France.

Alors ! s'agissait-il d'une simple capitulation, lorsqu'un camp cède ou abandonne une position... il me semble qu'on se rapproche.

Quoi qu'il en soit cela se jouait le soir, alors que les parents prenaient le frais sur le trottoir, donc à la belle saison... qui durait si longtemps chez nous.

Après avoir fait une ou deux parties de VINAGRE et de CHINCHIRINBOLA, un des grands de 15 ans se levait et décidait : « on va jouer à CAPITOULE (1),

je prends une équipe, Jojo tu fais l'autre. Allez on fait les pas » . C'était alors le face à face connu à 5/6 mètres l'un de l'autre, avançant pied à pied jusqu'à ce que la pointe du pied de l'un monte sur celle de l'autre (bon, d'accord, ce n'est pas de la grande littérature, mais essayez d'expliquer çà plus sobrement ... et puis, leche ! j'ai déjà raconté comment on faisait les équipes).



Le vainqueur choisissait son premier équipier et ainsi à tour de rôle jusqu'à épuisement des 25 à 30 gamins. Au signal, une équipe rejoignait le coin de la rue, groupée, et l'autre le coin suivant. Après un temps raisonnable pour permettre le regroupement de chaque équipe, le Capitaine de l'une d'elles faisait crier « CA...PI...TOULE... » à son équipe qui partait alors au galop autour du pâté de maisons, poursuivie par l'autre. A un certain moment, l'autre capitaine criait à son tour « CA...PI...TOULE... » et les rôles s'inversaient, les poursuivants devenaient poursuivis. S'agissait-il de « faire des prisonniers » ? J'avoue avoir joué, c'est à dire couru comme un dératé de 11 à 15 ans au sein du groupe, sans jamais avoir compris le but de ce jeu. Mais qu ‘ importe ! On se donnait de bonnes « pancha » de rigolade, on courait, on se bousculait, bref on se défoulait un bon coup.

Et certains soirs pour corser l'affaire, lorsque les deux équipes, mélangées, ne s'y retrouvaient plus, l'un d'entre nous criait « A SAINT EUGENE !! », nous partions alors dans une course effrénée, pénétrant en vociférant, toujours courant, dans les immeubles cossus comme dans les cours populaires, rentrant par une porte, sortant par l'autre, apostrophés par les : « encore ces voyous des Habitations Bon Marché ( nom des premiers H.L.M.) de Delmonte, vous avez fini avec vos tonterias ». Mais la meute passait, poursuivant sa ronde folle.

Contrairement aux envahisseurs habituels, nous ne cassions rien au passage.

Nous n'étions qu'une horde de poulains sauvages, ivres de liberté, de vitesse, de cris et de rires et lorsque la razzia terminée nous descendions comme des fous le boulevard Vauchez, emportés par la pente, à huit de front, tenant toute la route, le roi n'était pas notre cousin.



Ah ces grandes chevauchées au milieu des copains sous les étoiles d'Oran !



Que nous étions enfants ! Que nous étions heureux...
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Posté par arab le 11/06/2007 à 12:33:30 (id:81781)
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